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 Description
La coronelle lisse ( LAURENTI 1768) est le plus petit de nos serpents. Elle est complètement inoffensive et ne dépasse que rarement 70 cm de longueur. Cette espèce se distingue des couleuvres aquatiques et des vipères par ses écailles dorsales lisses, non carénées et elle se différencie de la couleuvre d'Esculape et la couleuvre verte et jaune par le dessin, la coloration et le nombre de rangées d'écailles dorsales.
La couleur de fond peut varier du gris-beige au gris-cendré. En maints endroits, les femelles présentent une robe plutôt grise, tandis que celle des mâles donne sur le brun. Le dessin, qui manque souvent, est constitué de deux rangées de petites taches foncées, parfois reliées en bandes transversales ou longitudinales. La tache sombre, souvent triangulaire, sur le dessus de la tête et la bande foncée barrant l'oeil sont également particulières à cette espèce. La partie ventrale est sans dessin et de couleur brune ou noire, rouge-brique chez les individus jeunes. Un ornement ventral en forme de damier, comme le présente p.ex. la couleuvre à collier, manque chez la coronelle.
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 Coronelle lisse, Andreas Meyer
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 Moeurs et habitat
La coronelle lisse fréquente toute la Suisse depuis les basses altitudes jusqu'à une altitude d'environ 2100 m. Il semble que la structure du sol soit déterminante pour la présence de cette espèce. Elle préfère les sols se desséchant et se réchauffant rapidement. En Suisse, il s'agit en l'occurrence surtout des surfaces rocailleuses et rocheuses et des pentes à sol maigre. La coronelle lisse ne fréquente les zones plus humides que si elle y dispose d'éléments surélevés tels qu'empierrements, murgiers, rochers ou objets semblables lui permettant de bien s'exposer au soleil et d'atteindre le plus rapidement possible la température interne optimale.
Ce serpent habite les alluvions caillouteux le long des rivières, les rives des lacs, les éboulis et les bordures de marais. A partir de là, la coronelle a également colonisé des habitats formés par l'Homme : carrières, gravières, vignobles, jardins naturels, accotements de chemin de fer, prairies sèches, terrains en friche. Dans le Jura et les Alpes, la coronelle se rencontre avant tout sur les pâturages extensifs, les zones d'éboulement et les pierriers.
La coronelle lisse mène une vie très discrète. Une fois sortie de son gîte, elle se déplace presque toujours à l'abri de la couverture herbacée. Ses mouvements sont lents et tellement souples qu'il est presque impossible de la percevoir, même lorsqu'elle s'active dans les feuilles mortes. S'il est dérangée, ce serpent se fige et ne se remarque que difficilement. Ce n'est que par grande humidité de l'air et par températures clémentes, ou tout au plus en début ou en fin de journée, qu'il va complètement s'exposer. Par températures chaudes, les animaux restent souvent cachés toute la journée dans la couche herbeuse ou sous des pierres. Par temps frais ou par chaleur sèche, ce sont surtout les individus sur le point de muer qui s'aventurent hors de leur abris. Il est alors plus facile de les apercevoir.
La coronelle lisse se nourrit principalement d'autres reptiles, avant tout d'orvets et de lézards, parfois même de vipères, voire de congénères. La part de rongeurs dans le régime alimentaire varie selon l'habitat. La coronelle enroule son corps en plusieurs tours autour de la proie et l'étouffe.
Au printemps, les coronelles ne sortent généralement pas avant la mi-avril, même lorsque le temps est clément. L'accouplement a lieu fin avril ou début mai. L'espèce est ovovivipare. La femelle portante se déplace très peu et lorsqu'elle prend ses bains de soleil, il est possible de la rencontrer pendant des semaines toujours au même endroit. Les mâles sont moins sédentaires et ne peuvent pas être observés d'une façon aussi régulière. Fin août ou en septembre naissent 3 à 15 jeunes. Ils mesurent de 12 à 17 cm et pèsent environ 2,5 grammes. La coronelle est confrontée à beaucoup de prédateurs, avant tout des rapaces et des fouines et dans les zones d'habitations des chats domestiques. Ce serpent est assez vulnérable face aux attaques directes de prédateurs. Il n'existe pas de comportement défensif tel que glandes cloacales excrétant une matière malodorante ou encore simulation de la mort. Il arrive que certains individus vident leur contenu intestinal ou qu'ils soufflent bruyamment. La coronelle peut mordre lorsque qu'elle est inquiétée, mais la morsure est inoffensive. Pour échapper à ses ennemis, cette espèce fait surtout confiance à son camouflage et à son mode de déplacement discret.
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Habitat de la Coronelle lisse, Andreas Meyer
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 Répartition
L'aire de répartition de cette espèce s'étend de la péninsule ibérique jusqu'au milieu de la Suède. La limite orientale se situe vers l'Oural et la rive sud de la mer Caspienne. Le site le plus septentrional se trouve en Finlande, le plus méridional en Sicile. La coronelle est absente de l'Irlande et elle ne colonise que la partie la plus méridionale de l'Angleterre. Elle a disparu du Danemark au cours de ce siècle.
Bien que la coronelle était autrefois répandue dans toute la Suisse, elle n'est que peu connue du public. Bien souvent elle est massacrée, parce que confondue avec une vipère. Il existe encore des populations saines dans le Jura, les Alpes et au sud des Alpes. Sur le Plateau en revanche, la coronelle lisse s'est beaucoup raréfiée durant les 50 dernières années et a même disparu localement. Il semble peu probable que cette espèce puisse survivre à long terme dans ce type de paysage.
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 Coronelle lisse, Andreas Meyer
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Mesures de protection
Les exigences écologiques de la coronelle lisse sont élevées. En beaucoup d'endroits, la présence de populations intactes de lézards en tant que base alimentaire est indispensable. Il est urgent de protéger et d'entretenir toutes les zones du Plateau encore occupées par ce serpent et d'y surveiller l'évolution des effectifs. Les mesures suivantes sont recommandées :
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Conservation des surfaces ouvertes et xérophiles (pierriers et éboulis, zones rocailleuses, empierrements, enrochements, espaces ouverts dans la couverture herbacée), si nécessaire en éliminant les grands arbres et buissons donnant trop d'ombre.
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Préservation des sites richement structurés tels que murs en pierres sèches, empierrements, murgiers, amas de bois ou d'herbes et tas de compost dans les milieux vitaux potentiels.
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Eviter de sceller les murs situés dans les vignobles ou encore de les remplacer par du béton (caches importantes, également pour les proies).
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Procéder au fauchage des grandes herbes une seul fois durant le semestre d'été, ne pas brûler la couche herbeuse et renoncer aux herbicides. Cela concerne tout spécialement les accotements des chemins de fer.
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Emploi restrictif des produits chimiques dans les vignobles et les talus de chemins de fer (dans ces sites, la coronelle se nourrit de préférence de lézards et ces derniers dépendent de la présence d'insectes).
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Favoriser les strates buissonnante et herbacée en lisière de forêt ainsi que dans les clairières; laisser en place les vieilles souches et les piles de vieux bois.
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Eviter les dérangements dans les zones d'habitations où la coronelle est encore régulièrement observée, y tenir les chats à l'écart et promouvoir les milieux richement structurés (voir exemples plus haut). Eviter les lâchers de coronelles! Ils ont peu de chance de réussir.
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Les observations de coronelle sont de très grande importance. Elles servent de base pour un plan global de protection. Faites part de vos observations, même si celles-ci ne sont pas très récentes, au Centre
de Coordination pour la Protection des Amphibiens et des Reptiles de Suisse !
Auteurs : Ulrich Hofer & Goran Dusej
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 Coronelle lisse, Uwe Prokoph
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