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 Description
La salamandre noire (LAURENTI 1768) se distingue clairement des autres amphibiens vivant en Europe. En effet, elle peut se passer de la présence de cours deau et nest dailleurs quune très mauvaise nageuse. Une certaine humidité est cependant indispensable à sa survie. Sa peau est lisse et brillante, dun noir uniforme (même la face ventrale!), son corps marqué par des sillons costaux circulaires. Une double rangée de glandes forme une ligne centrale tout le long de son dos, tandis que ses flancs sont parsemés de petites protubérances en forme de cônes, dotées dune ouverture au bout de leur pointe. Tous les individus de la salamandre noire se ressemblent comme deux gouttes deau et afin de les distinguer, des marques artificielles simposent. La protubérance accentuée du cloaque chez le mâle est une caractéristique, parfois difficile à observer, qui permet de différencier le mâle de la femelle. Les animaux adultes atteignent une taille allant de 9 à 13 cm, les femelles, avec un maximum de 15 cm, sont sensiblement plus grandes.
Une sous-espèce de la salamandre noire, la , présente dans les Alpes italiennes du Sud, à lest de Trento, est parsemée de grandes taches blanc jaune. Dans le reste du massif alpin, aucune autre sous-espèce de ce type na été découverte.
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 Salamandre noire (Salamandra atra), Kurt Grossenbacher
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 Répartition
La répartition de « notre » salamandre noire sétend des Alpes vaudoises à lest de la vallée du Rhône (à louest aucune observation na pu être enregistrée) jusquaux Alpes autrichiennes à 50 km de Vienne en passant par les Alpes du Nord et le massif du Säntis. Depuis lAutriche, les populations sétiolent en direction du sud, à travers les Dinarides du Nord du Balkan jusquen Albanie du Nord. Les Alpes italiennes de lEst recensent, quant à elles, quelques populations isolées.
La limite nord de répartition est formée par les Alpes fribourgeoises, les vallées de la Sarine et de la Singine, lEmmental et lEntlebuch, la région de Lucerne, le Rigi, la vallée de la Sihl, les cantons de Schwyz et de Glaris et le Walensee pour aboutir dans le massif du Säntis. En raison de leur climat aride, les vallées au centre des Alpes, telles que le Valais, lEngadine et la Valteline, ne sont peuplées que très marginalement. Ceci vaut également pour le Tessin, où, voilà plusieurs années, la salamandre avait été repérée dans le nord du canton mais ny a plus été recensée depuis.
La majorité des observations ont été effectuées entre 800 et 2000 m daltitude, quelques rares animaux ont même pu être observés à 2430 m. Cest dans la région du Walensee que la salamandre noire peuple les régions les plus basses. Au bord de ce lac, cette espèce est présente sur la rive sud, à une altitude de 420 m. Dautres régions situées en dessous de 600 m, comme les bords de la Sarine, de la Singine, de lEmme ou de la Sihl, abritent également quelques populations.
Habitat: Alpages pas trop secs, éboulis, forêts humides, chablis, clairières et lisières de forêts, ravins, bords de ruisseaux et de routes. Préférence pour les forêts de feuillus ou les forêts mixtes, plutôt que les forêts de conifères. Plus fréquente dans les régions à roche calcaire que sur le granit ou le gneiss.
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Scheidwald (BE), Kurt Grossenbacher
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Activité
La salamandre noire ne se laisse pas facilement observer. Elle passe une grande partie de sa vie cachée par exemple sous des plaques en pierre, des bûches ou des racines ou à lintérieur de fentes dans la roche. Une grosse pluie orageuse, parfois aussi les instants qui précèdent lorage, sont les moments propices à lobservation du plus grand nombre danimaux actifs possibles. Mais si laverse se prolonge, ceux-ci se retirent dans leurs abris. Certains individus peuvent aussi être observés à laube, lorsque le sol est encore humide de rosée. Par temps sec et venteux ainsi quau cours de la soirée et des premières heures de la nuit, la plupart des animaux restent introuvables.
En basse altitude, lactivité annuelle ne commence que vers le début du mois de mai et dans les montagnes souvent plusieurs semaines après la fonte des neiges. En juin, lactivité saccentue sensiblement et on peut observer avant tout laccouplement de ces animaux. Lorsque lhumidité est suffisante, ils sont aussi actifs pendant les mois de juillet et daoût, en dépit des températures assez élevées. Vers le début du mois de septembre, les premiers animaux se retirent déjà; par conséquent, peu dobservations ont pu être faites au mois doctobre. Actuellement, on ne dispose pour ainsi dire daucune information concernant lhibernation de la salamandre noire.
Reproduction
Laccouplement a lieu sur terre ferme. Le mâle se glisse sous la femelle et entoure les pattes antérieures de celle-ci avec les siennes. Ensuite, il dépose un paquet de sperme sur le sol et détourne sont train arrière de manière à ce que le cloaque de la femelle touche le sperme et que celui-ci pénètre dans le récipient de la femelle. En règle générale, seuls deux des quelque 50 ufs produits sont fécondés et se développent. Tout le développement embryonnaire et larvaire se passe à lintérieur de lutérus et dure, vers 1000 m daltitude, deux ans, entre 1000 et 2000 m trois ans et même quatre dans les régions les plus élevées. Après avoir quitté la membrane de luf, les larves mangent, à lintérieur de lutérus, les autres ufs qui se sont entre temps transformés en une masse protéique. Plus tard, la paroi utérine va produire des cellules nutritives que la larve « broutera ». La larve dispose de grandes branchies et serait en mesure de survivre en milieu aquatique. Mais plus le moment de la métamorphose approche, plus les branchies se résorbent. Après une très longue portée denviron 2-4 ans, deux copies identiques des parents naissent, grandes de quelque 45 à 50 mm, parfois encore pourvues de restes de branchies. Une femelle qui a mis bas ne peut plus être fécondée au cours de la même année.
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 Salamandre noire (Salamandra atra), Kurt Grossenbacher
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 Mesures de protection
Le statut de la salamandre noire nest pas clairement déterminé. Sa présence passe souvent inaperçue et des estimations concernant la densité et lévolution des populations sont difficiles à établir. Indubitablement, laugmentation accrue du nombre de moutons sur les pâturages empêche toutefois la salamandre daccéder à de tels refuges. Toute la lumière na cependant pas encore pu être faite en ce qui concerne limpact quont la pluie et le brouillard acides sur le sol des forêts alpines et donc sur la vie de ses habitants. Il est toutefois certain quau niveau local, le trafic routier est responsable de la mort dun certain nombre de salamandres. A long terme, les mesures doivent avant tout viser à préserver sans restrictions les forêts et les prés alpins existants.
Auteur. Kurt Grossenbacher
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