|

|
|

 
Description:
Le crapaud accoucheur, , émet un son agréable, rappelant une clochette ou une flûte, doù son nom familier de «Glögglifrösch» (grenouille sonnette) en Suisse allemande. Ce petit animal mesure entre 3.5 et 5 cm, possède de courtes jambes au dessous rougeâtres ainsi quun museau pointu. Sa peau est de couleur gris brun, la face ventrale blanchâtre et granuleuse. La partie supérieure du corps est verruqueuse et les flancs sont aussi pourvus de deux rangées de verrues en partie rougeâtres. Ses yeux dorés se caractérisent par une pupille verticale en forme de fente. Il est difficile de distinguer les mâles des femelles. Les larves, qui peuvent atteindre une taille de 9 cm, sont de couleur gris brun et semblent entourées dune peau extérieure transparente. Un trait brillant couleur métal orne le ventre sur toute sa longueur.
|
|

Couple de Crapaud accoucheur (Alytes obstetricans), Kurt Grossenbacher
|
|

|
|

Répartition
Le crapaud accoucheur est répandu dans le sud-ouest de lEurope ainsi quen Suisse. Celle-ci représente la limite sud-est de répartition (cette espèce ne vit pas au sud des Alpes). La plupart des populations vivent dans les paysages vallonnés et les Préalpes, entre 200 et 700 m daltitude (quelques individus ont également été observés au-dessus de 1500 m).
Habitat
Le crapaud accoucheur se reproduit dans différents plans deau, dont la surface varie entre quelques mètres et plus de 1000 m2. Il saccommode des cours deau aussi bien riches que pauvres en végétation, ensoleillés ou ombragés et frais. Les larves du crapaud accoucheur se contentent de 21.9 à 25.3°C, une température moins élevée que celle dont ont besoin les autres larves damphibiens. Lors de la reproduction, le crapaud se dirige vers les mares au fond de fossés et de carrières, les étangs artificiels (par exemple les étangs servant de réservoir deau pour la lutte contre le feu), les filets deau et dautres plans deau dans les zones alluviales, les gouilles dans les marais et même les endroits protégés dans les ruisseaux et les rivières. Dans la plupart des cours deau quil fréquente, leau coule toute lannée, de manière à ce quune partie des larves puissent y hiberner. Elles parviennent en effet à résister à un gel passager. Une trop grande densité en poissons ou un manque de refuges dans des cours deau poissonneux empêchent toutefois limplantation du crapaud accoucheur.
Cet animal est néanmoins plus exigeant quant au choix du type dhabitat, devant être situé le plus près possible du prochain plan deau. Il affectionne les talus ensoleillés, au sol peu stable, sablonneux, limoneux ou aéré, mais offrant par-ci par-là une végétation clairsemée. Les murs exposés au soleil, avec de nombreuses fentes, les terrasses, les escaliers, les tas de pierres, les plaques en pierre ou les tas de bois sont des habitats idéaux. Tant les fossés, les jardins au sol aéré, les recoins et les plaques en pierre que les lisières de forêts ensoleillées et les prairies extensives sont en mesure daccueillir des populations de crapauds lespace dun été. Le crapaud accoucheur aime les températures élevées (de préférence de plus de 30°C) et une humidité moyenne.
Tous ces habitats créés par lêtre humain ont remplacé les espaces vitaux traditionnels quétaient les zones alluviales, les rives des ruisseaux, les éboulis et les rocailles dans les paysages vallonnés.
|
|

Bauerngarten, Houti, BE, Kurt Grossenbacher
|

|
|

Biologie
Le mode de vie du crapaud accoucheur se différencie totalement de celui des autres amphibiens indigènes. Il est le seul anoure à saccoupler sur la terre ferme, à ne pas déposer ses ufs dans leau, à soccuper de sa ponte et à engendrer des larves capables dhiberner dans un plan deau avant de se métamorphoser. La saison de reproduction dure de mars à août (parfois même jusquà septembre). En règle générale, le crapaud a une activité crépusculaire ou nocturne. Caché dans son refuge sur la terre ferme, le mâle se met à chanter de préférence au cours des soirées chaudes et humides. Peu à peu, il sapproche de la sortie du trou quil a parfois creusé lui-même. Son cri rappelle le son dune flûte et retentit toutes les 1 à 8 secondes, selon la température ambiante et le degré dexcitation de lanimal. Lorsque plusieurs mâles chantent simultanément dans des tons légèrement différents, de loin on croirait entendre un carillon ou le son des cloches dun troupeau de vaches. Dès quune femelle approche, le mâle létreint avec ses pattes postérieures. Après une phase de stimulation assez longue, au cours de laquelle le mâle touche plusieurs fois le cloaque de la femelle avec ses orteils, le couple forme avec les pattes postérieures une petite corbeille, destinée à recueillir les quelque 20 à 70 ufs qui sortent en lespace de quelques secondes et qui y seront fécondés. A laide de ses pattes antérieures, le mâle prend ensuite appui sur les épaules de la femelle. Après une courte pause, il passe plusieurs fois ses pattes postérieures à travers la ponte afin denrouler les cordons dufs autour de ses tibias. Puis il quitte la femelle et se remet bientôt à chanter. Au cours des prochaines nuits, le même mâle peut encore prendre une, plus rarement même deux autres pontes. Il retourne finalement dans sa cachette souterraine, chaude et humide, où il vit terré les 20 à 45 prochains jours. Lorsque les ufs arrivent à maturité, le crapaud se rend vers le plan deau de ponte. Quelques minutes seulement après que les ufs sont entrés en contact avec leau, les larves de 12 à 20 mm sortent des ufs. A ce moment, les larves sont déjà bien développées et possèdent des branchies intérieures. Après léclosion des ufs, le mâle se débarrasse dans leau du sac de ponte vide et retourne à terre où il se remet à chanter. Le crapaud accoucheur peut saccoupler trois, voire (plus rarement) quatre fois, par année. Le moment de léclosion, la quantité de nourriture disponible et la température ambiante déterminent si les têtards vont éclore encore au cours de lautomne même ou sils passent lhiver dans le plan deau. Dans ce dernier cas, les larves peuvent atteindre une grandeur de 9 cm et se métamorphosent en mai ou juin de lannée suivante. Elles représentent ainsi les plus grands têtards de tous les amphibiens indigènes.
A lâge de deux ou trois ans, les individus atteignent déjà la maturité sexuelle. Ils peuvent vivre jusquà huit ans.
Le crapaud accoucheur ne se déplace que sur de courtes distances. Le peuplement de nouveaux habitats ne se produit que très rarement et na été observé que si ceux-ci sont situés dans un rayon de 1.5 km.
|
|
 Mâle de Crapaud accoucheur avec oeufs (Alytes obstetricans), Kurt Grossenbacher
|
|

|
|

Menaces et protection
Malheureusement au cours des dernières années, le nombre de crapauds accoucheurs a nettement régressé. La destruction et laltération des habitats en sont les principales raisons. La destruction des plans deau, les lâchers de poissons ou de canards, mais également limperméabilité croissante des structures pouvant servir dhabitats terrestres (murs, terrasses), lombrage et le reboisement des habitats terrestres ou une modification du type dexploitation (par exemple lutilisation dune surface comme pâturage extensif) peuvent également engendrer la disparition de populations. Les connaissances scientifiques actuelles ne suffisent cependant pas à expliquer complètement cette régression du nombre de crapauds accoucheurs.
Il est primordial de sauvegarder et de favoriser les populations existantes. Mais il sagit aussi dempêcher la destruction des plans deau fréquentés par le crapaud ou auxquels il pourrait avoir recours à lavenir et de ne pas les transformer en étangs à poissons ou à canards. La création et lassainissement des plans deau stagnante et exempts de poissons près des habitats des populations existantes sont autant dautres mesures utiles.
Les murs ensoleillés, aux fentes non comblées, ainsi que dautres structures en pierre, sable ou bois offrant des refuges doivent rester perméables ou doivent être construits en dautres endroits. Le reboisement des talus exposés au soleil, au sol aéré ou sablonneux doit être empêché.
Afin de maintenir la population du crapaud accoucheur, nous appelons la population à laide. Les spécialistes du KARCH se tiennent à disposition de toutes les personnes ayant pu observer le crapaud accoucheur près de chez elles afin de les conseiller.
Auteur : Beatrice Lüscher
|
|

Crapaud accoucheur (Alytes obstetricans), Kurt Grossenbacher
|