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Cistude d'Europe

Emys orbicularis orbicularis ( Linnaeus, 1758)

cistude d'europe

La Cistude d'Europe, Emys orbicularis est le seul chélonien indigène que l'on peut trouver naturellement en Suisse.

Elle est facilement reconnaissable des espèces exotiques relâchées çà et là. Sa carapace ovale, modérément aplatie, est plus large au centre; la bordure de ses écailles marginales est lisse. Une carène médiane présente chez les juvéniles disparaît entièrement avec l'âge. Certains juvéniles peuvent aussi avoir deux très légères carènes latérales. Les écailles vertébrales sont plus larges que longues, la cinquième étant la plus large.

La couleur de base de la carapace varie du brun-olive au brun mais est le plus souvent noire, avec des motifs jaunes sous forme de rayons ou de points. Le plastron est large et possède une charnière entre les écailles pectorales et abdominales, reliée par une connexion ligamenteuse avec la carapace. Le plastron varie du noir ou brun foncé au jaune, chaque écaille présentant la plupart du temps une bande noire en bordure. La mâchoire cornée supérieure possède une légère fente verticale qui remonte vers les narines. Les pattes sont palmées et la queue est relativement longue.

La tête, le cou, les pattes et la queue sont brun-jaune à noirs et présentent des motifs sous forme de lignes ou de points jaunes. Les yeux des femelles sont généralement jaunes et ceux des mâles peuvent être rouges, oranges, jaunes ou même blancs. Les mâles ont une queue plus large que les femelles et leur cloaque est situé plus en arrière. Leur plastron est concave et leurs griffes clairement incurvées. Les femelles ont un plastron plat à légèrement convexe, des griffes droites et, à taille adulte, sont plus grandes que les mâles.
La plus grande a été trouvée en Valais en 1933. Elle pesait près d'un kg et sa carapace mesurait 18,5 cm. Les valeurs moyennes d'une population genevoise de Cistudes d'Europe sont de 13,4 cm et 350 g pour les mâles, de 15,5 cm et 630 g pour les femelles. 
Treize sous-espèces différentes sont reconnues actuellement, dont une seule a une aire de répartition englobant la Suisse : Emys orbicularis orbicularis.


Le cycle annuel d’activité de la Cistude est subdivisé en plusieurs périodes. D’octobre à mars, elle hiberne le plus souvent au fond de l’eau, de préférence dans la vase. Dans ce cas, la respiration cutanée et cloacale peut lui suffire. Dès les premiers beaux jours de printemps, les animaux émergent (mars). Dès ce moment, l’activité s’accroît peu à peu, à commencer par la prise de nourriture carnée, puis par les accouplements.

Les adultes sont connus pour être des carnassiers plutôt charognards : leur régime alimentaire est composé d'invertébrés aquatiques (larves, vers, mollusques), de cadavres de divers vertébrés, de têtards, d’œufs et d’alevins de poissons. Ils consomment aussi les lentilles d'eau, les nénuphars et les potamots (surtout les fleurs). Les jeunes se nourrissent presque exclusivement de petits invertébrés. Dans des milieux bien structurés et vastes, la prédation que les Cistudes d'Europe exercent sur les populations d'amphibiens est relativement faible.

La période de reproduction dure de mi-mars à mi-juin et peut se prolonger jusqu’à mi-juillet, bien que des accouplements puissent encore avoir lieu jusqu’à la fin de la période d’activité. Sous nos latitudes, la période de ponte est limitée aux seuls mois de mai et juin, mais des pontes sont possibles en juillet. Les pontes sont généralement uniques bien que quelques cas de double ponte aient déjà été observés. Les femelles peuvent parcourir de grandes distances (jusqu'à 4 km) pour trouver un site de ponte favorable.

Les pontes comprennent en moyenne 3 à 19 œufs à coquille calcaire fine à souple d'une taille moyenne de 30-39 x 18-22 mm. Les éclosions surviennent entre août et octobre et les nouveau-nés mesurent en moyenne 20-25 mm. Les embryons en fin de développement et les jeunes nouveau-nés peuvent toutefois hiberner dans le nid et attendre le printemps suivant pour venir au grand jour. Au sud-ouest de la Suisse, la maturité sexuelle est atteinte vers l’âge de 5 ans pour les mâles et vers 6 à 8 ans pour les femelles.

Emys orbicularis
peut aisément dépasser 50 ans, 30 ans étant une bonne moyenne. Le maximum enregistré est de 120 ans dans un jardin botanique du Midi de la France. Cette longévité permet à la Cistude d'Europe de maintenir ses effectifs dans des régions peu favorables (en Lituanie par exemple), leur durée de vie reproductive étant très grande. Dès le début de l’été, le basking et la nutrition sont les activités les plus communes. A partir de mi-septembre, les animaux se préparent progressivement à l’hibernation, qui
débute dès octobre.

Seules quelques rares populations reproductrices sont connues en Suisse. L'une d'elles, dans le canton de Genève, présente une densité de 64 animaux/ha, soit une des plus grandes d'Europe.

L’aire de répartition de la Cistude d'Europe est la plus grande de toutes les Emydidae (tortues dulçaquicoles de l'Ancien et du Nouveau Monde). Elle comprend le Nord de l’Afrique (de la Tunisie jusqu'au Maroc), l’Europe (du Portugal à la Grèce et jusqu’en Lituanie), jusqu’au nord de l’Iran et de la région de la Mer d’Aral. De nombreux auteurs ont mis en doute l'indigénat de la Cistude en Suisse étant donné que ce reptile était anciennement consommé et faisait l'objet d'un certain commerce. Des restes de Cistudes datant de l'âge de la pierre (il y a entre 6000 et 6800 ans) ont été trouvés dans une caverne proche de Vionnaz. Des morceaux de plastron datant du Bronze final (-1050 et - 900) ont été découverts dans le site archéologique de Hauterive-Champréveyres, au bord du lac de Neuchâtel. Dans les chroniques du Moyen-Âge, des cas de pêche sont attestés à Estavayer-le-Lac. En général, ces animaux étaient pris dans les filets ou les nasses. En 1583, Gessner signale la présence de la Cistude dans le canton de Zürich, où elle pourrait s'être maintenue jusqu'à aujourd'hui. Des observations récentes ont été répertoriées dans seize cantons, surtout sur le Plateau, au Tessin et dans les régions basses. L'espèce se reproduit à l'état sauvage dans les cantons de GE, TG et AG ; des expériences ont démontré que la Cistude pouvait se reproduire dans beaucoup d'autres régions, notamment près de Bâle.

carte de répartition de la cistude d'europe

Cartes de répartitions

 

Tous les spécialistes européens de la Cistude d'Europe (Emys orbicularis) estiment, en se basant sur la directive de l'habitat européen (European Habitat Directive EC 43/92), que cette espèce est primordiale du point de vue de l'intérêt communautaire. La Cistude d'Europe est en effet l’une des espèces de vertébrés les plus vulnérables, ainsi que la plus représentative des animaux habitant les zones humides. C'est une espèce phare au niveau des exigences pour la gestion de l'habitat et la protection de la faune. Dans de nombreux pays, dont la Suisse, l’érosion de la biodiversité est un fait avéré. La pêche, la disparition des habitats, la pollution, la capture ou encore le petit âge glaciaire au Moyen-Âge sont les causes possibles de la quasi-disparition de la Cistude en Suisse.

La survie des populations actuelles dépend dans une large mesure de la proximité de deux habitats clés : zones humides avec plan d'eau riche en végétation aquatique et praires sèches ou autres milieux séchards. La revitalisation de ce genre d'habitats et leur mise en réseau permettront à long terme d'assurer la survie de ces populations.

La Cistude d'Europe figure sur la Liste rouge des reptiles menacés de Suisse. Selon l'Ordonnance sur la protection de la nature et du paysage (art. 20), la détention, l'élevage et la vente de la Cistude d'Europe sont interdits en Suisse, au même titre que des prélèvements dans la nature. Son statut d'animal sympathique la rend très populaire chez les terrariophiles et les collectionneurs. Le tort causé par le prélèvement ou les lâchers d'animaux de provenances diverses peut, à moyen terme, être dramatique pour les populations indigènes.

La protection de cet animal passe avant tout par des actions de conservation :

  • clarification de son statut en Suisse
  • suivi scientifique des populations sauvages sur le long terme
  • protection et réhabilitation des habitats favorables (zones humides proches de prairies sèches)
  • élimination des tortues d’espèces exotiques
  • soutien et augmentation des populations actuelles information aux collectivités, administrations, grand public, pêcheurs, …

 

La Cistude préfère les eaux calmes avec fond vaseux et beaucoup de végétation aquatique. On peut la rencontrer dans les grands étangs fortement végétalisés, les lacs avec une grande densité de plantes aquatiques riveraines, les canaux permanents reliant les lacs ou les étangs entre eux ou encore les deltas de rivières.

En Suisse, sa présence est limitée au Plateau, aux régions basses contiguës et au Tessin. L'observation des individus s'effectue majoritairement lorsque ceux-ci prennent un bain de soleil. Il peut être de deux types : le basking aquatique et le basking à l’air libre. Pour le basking aquatique, les animaux se laissent flotter à la surface de l’eau. Ce basking est toutefois rare. Les sites de basking à l'air libre comprennent surtout les troncs d’arbres morts flottants, les plantes aquatiques émergées, mais aussi les digues ou encore les berges. Les sites d’accouplement correspondent souvent aux sites aériens de basking, les mâles cherchant à s’accoupler avec les femelles en train de se chauffer au soleil. Chez nous, les sites favoris de basking sont les troncs d'arbres flottant en bordure ou dans les roselières.

La présence aux abords des plans d’eau de prairies sèches, de pentes buissonneuses, de bosquets thermophiles ou de buttes sablonneuses est impérative pour la pérennité des populations. Ce sont ces habitats, bien exposés et à l'abri des inondations, que les femelles utilisent pour la ponte. Dans des milieux riches et bien structurés, les Cistudes d'Europe ont un domaine vital moyen de 600-1'600 m2, les mâles ayant des domaines plus petits que les femelles.

 

habitat type de la cistude d'europe

Habitat type de la Cistude d'Europe

Fiche espèce

  • La couleur de base de la carapace vraie du brun-olive au brun, mais est le plus souvent noire, avec des motifs jaunes
  • Le plastron varie du noir ou brun foncé au jaune
  • La tête, le cou, les pattes et la queue sont brun-jaune à noirs et présentent des motifs sous forme de lignes ou de points jaunes très visibles
  • Juvéniles: Carène médiane très marquée

Freilassung Emys_3©SU.jpg
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